Ligne 13, direction La Rochelle
Voici quelques images de la soirée organisée le 27 septembre dernier à la Ligne 13 afin de désigner le groupe qui représentera Saint Denis à la prochaine édition des Francofolies de la Rochelle.
La soirée s’est ouverte sur un prologue par la slameuse Sophia (qui m’accompagne cet hiver à Madagascar) au son de la guitare de Slamoureuse et de la flûte de Joon, partenaire de longue date des projets Altamira et Slamélodie…
Les cinq groupes en compétition se sont succédés sur scène avec trois titres chacun. La barre a été d’emblée placée très haut par le groupe de soul-funk-rap caribéen Spirit of D-Zil. Pas de soucis pour le groupe Wara Ba qui les a suivi : les rappeurs Yaya (avec qui j’ai le plaisir de travailler sur le projet Générations Slam) et Lamine ont fait exploser la salle avec leur ferveur communicative, portée par l’énergie de leur groupe, une sorte de tribu fraternelle au sein de laquelle la kora dialogue avec le synthétiseur analogique…
La soirée s’est prolongée avec le groupe de rap Vocer, dont le propos aux antipodes du rap bling-bling a malheureusement souffert de l’absence de musiciens. Nous avons ensuite écouté le sautillant chanteur de Raï’n’B K-Reem Chaker, et pour conclure Eva Garcia et ses chansons sans origine contrôlée où peuvent se croiser l’espagnol, le violon classique et le reggae…
J’ai trouvé très interressant de voir des rappeurs emmener leur pratique sur d’autre territoires musicaux, que ce soit Karll F dans l’univers jazz et tropical de Spirit of D-Zil ou Yaya et Lamine avec leur projet Wara Ba, ce croisement trépidant de Hip Hop et d’Afrobeat…
Le rap tourne en rond depuis longtemps, tant sur son versant commercial que son versant underground, et il me semble que la seule échapatoire à cette stagnation est de porter ce style vocal à la rencontre d’autres musiques, et pour commencer, à la rencontre de musiciens tout court.
Je me souviens d’un groupe de rap malgache que j’avais vu à Fianarantsoa : les rappeurs s’étaient associés à des musiciens qui alternaient grooves très funky et rythmes ternaires rija, et à plusieurs paysans Betsileo qui y ajoutaient chants polyphoniques, flûtes et guitares rurales : le résultat était tout simplement phénoménal, et très en avance sur ce qui fait dans le hip-hop français et même américain.
Les deux exemples de ce soir, chacun très probants et dans des registres différents, montrent que Saint Denis peut s’engager avec réussite dans cette voie. Je suis certain que ce n’est qu’un début, et je pense qu’avec Altamira, nous contribuerons à cette réinvention du rap dans l’une de ses terres de prédilection…
Un dernier mot sur Wara Ba. J’ai beaucoup aimé l’ambiance très conviviale de ce collectif : ils étaient douze sur scène, d’âge, d’origines et de parcours différents, et cela donnait un ensemble très vivant dans lequel chacun peut se reconnaître, un bric-à-brac qui ne ressemble à rien si ce n’est à la vie - en tout cas la vie telle qu’on la conçoit à Saint Denis. Rien que pour cela, c’est eux que j’enverrais à La Rochelle représenter notre ville si j’étais décisionnaire, car ils en sont un portrait très ressemblant !
Les sites web des groupes :
Wara Ba : on attend le site avec impatience !








